DE L'OREILLE AU CERVEAU

COMMENT LA MUSIQUE, AU TRAVERS DE LA

MUSICOTHERAPIE AGIT ELLE SUR LES HUMAINS ?

La musique nous entoure, elle fait partie de notre vie, même inconsciemment. Depuis notre naissance jusqu'à notre mort nous vivons dans un monde sonore où la musique a une place non négligeable

 Depuis notre naissance jusqu'à notre mort nous vivons dans un monde sonore où la musique a une place non négligeable. Vous avez sûrement une musique favorite, qui vous correspond et avec laquelle vous vous sentez bien. Vous avez aussi déjà sûrement écouté une musique pour vous endormir. Votre mère vous a également probablement chanté des berceuses pour vous calmer et vous endormir lorsque vous ne saviez pas encore parler. Il vous ai sûrement arrivé qu'une musique vous transporte à un endroit où vous êtes allés, où vous avez vécu, et vous rappelle des souvenirs (combien de fois entend-on "Ah ! ça me rappelle ma jeunesse !..." ). Il y a de fortes chances pour que vous soyez déjà allés à un concert (que ce soit de classique, de rock ou de jazz). Vous avez peut-être, lorsque vous vous sentez mal, le réflexe d'écouter une musique particulière...De nombreuses situations de la vie courante nous prouve que la musique a une place très importante dans notre vie et également dans notre société (la musique se trouve partout : dans les publicités, à la radio, dans les magasins...).

       Si la musique a une telle place dans notre société et, à plus petite échelle, dans notre vie, elle a donc une grande influence sur nous. Et il est alors logique de penser que cette influence peut être mise à profit pour améliorer ("guérir" est peut être un peu ambitieux...) la santé et le moral de personnes malades. Cette thérapie existe, elle est appelée la musicothérapie. 

 

"Les effets de la musique sur l'Homme"  DEROULEZ LA PAGE

Les effets de la musique sur l'homme

Interprétation du message par le cerveau.

Pour qu'un son arrive de l'oreille jusqu'au cerveau, l'oreille interne envoie l'onde sonore sous forme de variation de potentiel électrique soit une décharge électrique jusqu’au cerveau par l'intermédiaire du nerf auditif (nerf cochléaire) se trouvant dans le tronc cérébral.

Les influx nerveux sont donc transmis au nerf auditif, qui vont les amener aux centres auditifs du cerveau par le tronc cérébral : les décharges passeront par les nerfs cochléaire avant d’arriver dans les noyaux cochléaires qui commencerons à déchiffrer le son : ils permettent de définir son type (paroles, cri, alarme …) puis dans le thalamus où il se fait un important travail d’intégration (préparation d’une réponse motrice, vocale par exemple). Enfin, les influx sont transmis au lobe temporal, partie du cerveau responsable de l’audition, de la mémoire et du goût, et plus précisément au cortex auditif qui va recevoir un message déjà en partie décodé par le noyau cochléaire et les neurones du thalamus, et va pouvoir le reconnaître voire le mémoriser. Enfin, il peut donner un ordre d’importance aux différents sons qu’il perçoit, d’où l’impression de brouhaha que l’on peut ressentir dans un espace très bruyant par exemple. C’est la voie primaire.

VOIE PRIMAIRE

Le cerveau permet la coordination entre les deux oreilles. En effet, c’est lui qui va situer le son dans l'espace, lui qui reconnaît un instrument de musique ou une personne précise, ainsi que la situation dans l’espace de la source d’où provient le son.

Le dernier neurone de la voie auditive primaire relie le thalamus au cortex auditif où le message déjà largement décodé par le travail des neurones sous-jacents, est reconnu, mémorisé peut être intégré dans une réponse volontaire.

Un dernier relais, avant le cortex, est effectué dans le thalamus (corps genouillé médian) ; c'est là que se fait un important travail d'intégration : préparation d'une réponse motrice (vocale par exemple).

Au départ de ce relais, un troisième neurone fait monter le message au niveau du mésencéphale (colliculus supérieur). Ces deux relais jouent un rôle essentiel dans la localisation du son. Un deuxième relais majeur du tronc cérébral est le complexe olivaire supérieur : la plupart des fibres auditives y font synapse après avoir croisé la ligne médiane. Le premier relais de la voie auditive primaire est constitué par les noyaux cochléaires (tronc cérébral) qui reçoivent les axones des neurones de type I du ganglion spiral (nerf auditif) ; à ce niveau s'effectue un travail important dans le décodage de base du message : durée, intensité, fréquence.

VOIE SECONDAIRE

Après le premier relais (noyaux cochléaires), qui est commun à toutes les voies auditives, de petites fibres rejoignent la voie réticulaire ascendante commune à toutes les modalités sensorielles.

Après plusieurs relais dans la formation réticulée, puis dans le thalamus non spécifique, cette voie aboutit au cortex polysensoriel. Le rôle de cette voie, qui regroupe les différents messages sensoriels envoyés simultanément au cerveau, est de permettre une sélection du type d'information à traiter en priorité ; elle est reliée aux centres des motivations et d'éveil, ainsi qu'aux centres de la vie végétative (ce que nous contrôlons inconsciemment comme le cœur…). Par exemple, lors de la lecture d'un livre pendant l'écoute d'un disque, ce système permet à l'attention de se fixer sur la tâche la plus captivante et/ou la plus importante.

Après la réticulée, la voie non-primaire aboutit au thalamus non spécifique, puis au cortex polysensoriel.

C'est donc le cerveau qui traite les signaux nerveux apportés par l'appareil auditif périphérique : il est responsable de nos perceptions auditives.

La musique et son effet sur l’organisme.

Définitions :

Catécholamine : Substance chimique de l’organisme appartenant aux neurotransmetteurs fabriqués par les neurones (cellules nerveuses). Ces substances permettent le passage de l’influx nerveux entre les neurones, et entre les neurones et d’autres cellules.  On distingue trois types de catécholamines :

L’adrénaline, synthétisée dans la médullosurrénale (partie centrale de la glande surrénalienne située au-dessus de chaque rein) L’adrénaline a un rôle de premier plan dans le fonctionnement du système nerveux dit sympathique (action excitatrice). Elle stimule l’appareil cardiovasculaire en entraînant une accélération du cœur, une hypertension artérielle, une vasoconstriction (diminution de calibre des vaisseaux), la respiration en dilatant les bronches, les réserves de sucre des cellules, en favorisant le passage de celui-ci vers le sang et les autres cellules où il est nécessaire.

La dopamine, substance jouant un rôle sur le contrôle des mouvements dans le cerveau.

La noradrénaline, localisée particulièrement dans l’hypothalamus. Son action s’exerce en se fixant sur 2 types de récepteurs alpha et bêta, dits adrénergiques, et s’effectue entre autres en facilitant la transmission de l’influx nerveux, en entraînant la vasoconstriction artérielle (fermeture du calibre des artères), en augmentant la pression artérielle (action supérieure à celle de l’adrénaline).

Glucocorticoïde : Les glucocorticoïdes sont des hormones naturelles secrétées chez l’être humain qui ont des propriétés anti-inflammatoire et une action sur le métabolisme des protéines et des glucides. Les glucocorticoïdes naturels sont la cortisone et le cortisol.

Le système limbique est à l’origine des émotions et il est doté d’un centre de la récompense, siège des mécanismes d’action euphorisants et donc des effets additifs de drogues telles, mais également du chocolat ou encore de sports extrêmes.

Lorsque nous pensons, percevons, ressentons, nous évaluons automatiquement l’effet produit : positif, neutre ou négatif. Cette évaluation est ultrarapide (moins de 100 millisecondes) et a lieu de manière non consciente. Notre système limbique réagit instantanément à nos pensées et envoie l’information au tronc cérébral, provoquant diverses réactions dans notre corps.

Situé entre la moelle épinière et le cerveau, en avant du cervelet, le tronc cérébral est composé de 3 parties qui sont, de haut en bas : le mésencéphale (ou pédoncules cérébraux), le pont (ou protubérance annulaire) et enfin le bulbe rachidien (ou moelle allongée).  Le bulbe rachidien contient un certain nombre de centres nerveux responsables du contrôle des processus involontaires comme les battements du cœur, la respiration, et la régulation de la température corporelle.

Le tronc cérébral représente à la fois un carrefour majeur et un relais pour les nombreuses voies entre la moelle épinière, le cerveau et le cervelet. Il constitue également un centre d’intégration et possède des noyaux moteurs et sensoriels. A ce titre, il est essentiel pour de nombreuses fonctions sensorielles, motrices et de régulation (respiration, rythme cardiaque, douleur).

Les progrès récents dans le domaine de la neuro-anatomie ont établi l'existence de voies de communication cerveau-cœur et cœur-cerveau fonctionnant en permanence sous la forme d'une boucle. Le cœur reçoit son information des parties émotionnelles et viscérales du cerveau représentées par le système limbique composé de zones qui sont des centres de traitement de l'information tels que l'hippocampe et l'amygdale. En retour il renvoie des informations concernant son propre état de fonctionnement.

 

Les changements qui se produisent dans l’organisme lors de l’écoute d’une musique dépendent de la musique écoutée : un rythme et un volume élevé s’apparente pour le cerveau à une situation stressante, mais c’est un mauvais stress qui entre alors en cause, alors qu’une musique douce et calme engendre un bon stress.

Lors de l’écoute d’une musique désagréable, stressante :

Le stress et ses mécanismes

Le stress, est, en biologie, l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement. Ces réponses dépendent toujours de la perception qu'a l'individu des pressions qu'il ressent. Le stress provoque des changements internes (sur l’organisme) et externes. Il y a deux types de stress : le stress positif  ou négatif.

Le stress, quel que soit son origine, physique, chimique, ou psycho émotionnelle, va être perçu par l’amygdale, centre de la peur, ce qui va entraîner une stimulation de l’hypothalamus qui produira l’activation du système hypothalamo-sympatico-adrénergique et du système hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

Le système hypothalamo-sympatico-adrénergique : La stimulation de l’hypothalamus entraîne une stimulation du système sympathique, lequel libère des catécholamines à savoir de la noradrénaline et par le biais des glandes surrénales de l’adrénaline. Ces catécholamines passent dans le sang et stimulent des récepteurs alpha et bêta produisant une augmentation du débit cardiaque, une dilatation des bronches, un rétrécissement des vaisseaux, etc.

Le système hypothalamo-hypophyso-surrénalien :

La stimulation de l’hypothalamus entraîne une sécrétion d’hormones : la corticolibérine ou CRH ou plus anciennement CRF, ce qui va à son tour stimuler l’hypophyse (ou glande pituitaire), qui produira une autre hormone : l’ACTH. L’ACTH va activer la corticosurrénale. La corticosurrénale (la partie périphérique de la glande surrénale) va alors sécréter des glucocorticoides, la cortisone chez l’être humain. Les glucocorticoïdes vont agir sur le métabolisme des sucres et des protéines de notre organisme.

D’autres glandes endocrines (Une glande endocrine est un organe qui a pour fonction de sécréter des hormones qui vont être larguées dans la circulation sanguine.) comme la thyroïde, le pancréas et le système immunitaire (thymus) sont également stimulées par l’hypophyse.

 Ces mécanismes complexes ont en fait un objectif simple : assurer une adaptation à plus long terme de notre organisme face à une situation considérée comme stressante.

Ainsi, tout phénomène stressant provoque, en premier lieu, la libération de deux hormones bien connues : l’adrénaline et la noradrénaline.